Tu joues.
Tu le veuilles ou non, tu es déjà dans le jeu.
Pas un jeu que tu choisis. Un jeu qui te précède.
Un jeu sans début ni fin.
Un jeu qu’on appelle la vie.
Et dans ce jeu, il n’y a qu’une seule vraie question :
Est-ce que tu joues le bon jeu ?
Fini vs infini : deux manières de vivre
James Carse distingue deux types de jeux :
- les jeux finis : ils ont un début, une fin, des règles fixes, des gagnants et des perdants.
Exemples : un match de foot, une carrière, un projet, un objectif. - les jeux infinis : ils n’ont pas de fin. Le seul but du jeu, c’est de continuer à jouer.
Pas de score final. Pas de ligne d’arrivée. Seulement l’élan de rester dans le flux, en croissance, en mouvement.
Et là, ça devient intéressant :
La plupart des gens vivent leur vie comme un jeu fini.
Ils veulent gagner leur vie.
Avoir raison. Réussir. Être reconnu. Cocher les cases.
Mais la vie, elle, ne fonctionne pas comme ça.
Le piège du jeu fini
Quand tu vis ta vie comme un jeu fini, voilà ce qui se passe :
- tu te compares constamment
- tu joues pour prouver quelque chose
- tu fais des choix pour être validé, non pour être vivant
- tu cherches à sécuriser, contrôler, figer
Tu crois que si tu gagnes assez, tu pourras arrêter de jouer.
Tu rêves d’une ligne d’arrivée : retraite, liberté financière, illumination, reconnaissance.
Mais ça n’arrive jamais.
Parce que la vie n’a pas de fin.
Même la mort n’arrête rien.
Tu sors du personnage, c’est tout.
Le jeu continue.
Lila – la vie comme jeu divin
Dans l’hindouisme, le monde n’a pas de but moral, politique ou productif.
Il ne sert pas un objectif "sérieux".
Il n’est pas là pour te faire réussir.
Il est là pour jouer.
Le monde = Lila : le jeu cosmique.
Le divin joue à être toi, à être moi, à être forme, son, pensée, chaos, beauté.
Et toi, tu prends ça trop au sérieux.
Tu crois que tu dois gagner la vie.
Mais tu ne peux pas gagner la vie. Tu ne peux que danser avec elle.
Le dharma = ton jeu infini
Le jeu infini, ce n’est pas une métaphore spirituelle.
C’est un cadre radical pour orienter ta vie.
Ton Dharma = le jeu infini qui t’appartient.
Ce que tu fais même quand tu ne gagnes pas.
Ce que tu ferais si on enlevait l’argent, la reconnaissance, la validation.
Ce que tu continues de jouer parce que le jeu lui-même te nourrit.
Tant que tu n’as pas trouvé ça, tu joues dans les jeux des autres.
Tu gagnes peut-être. Mais tu t’éteins.
Jouer à fond
Tu n’as pas le choix de jouer.
Mais tu as le choix de comment tu joues.
Tu peux jouer en mode défensif. Ou jouer en mode création.
Et si tu dois jouer…
autant jouer à fond.
- Joue comme si ton âme vibrait dans chaque action.
- Joue comme si le monde entier était une scène pour ta vérité.
- Joue sans masque, sans stratégie, sans vouloir contrôler l’issue.
Ne joue pas pour survivre.
Joue pour te brûler dans l’intensité de ta propre présence.
Comment reconnaître ton vrai jeu
Ton jeu infini, tu ne le trouves pas avec ta tête.
Tu le reconnais parce qu’il t’appelle depuis toujours.
Quelques indices :
- Tu perds la notion du temps quand tu y es.
- Tu oublies les autres jeux (argent, reconnaissance, ego).
- Tu sens que "ça" te joue, autant que tu le joues.
- Tu ne peux pas vraiment l’arrêter. Il revient.
Souvent, ce jeu se cache sous les blessures.
Sous les injonctions. Sous les devoirs.
Tu dois désapprendre pour l’entendre.
Les règles du jeu infini
- Le but du jeu, c’est de continuer à jouer. Pas d’arriver. Pas d’en finir. Mais d’entrer plus profond.
- Le joueur évolue. Ce n’est pas toi qui "réussis". C’est toi qui te transformes.
- Les règles changent. Tu redéfinis ton cadre, tes outils, tes formes. Rien ne reste figé.
- Tu inclus les autres au lieu de les battre. Parce que leur présence rend le jeu plus riche.
- Tu gagnes quand tu danses avec le vivant. Pas quand tu le domines.
Le jeu infini, ça se vit. pas ça ne se conceptualise
Tu ne peux pas penser ton chemin.
Tu dois l’incarner.
Tu dois plonger.
Tu dois te brûler, te perdre, recommencer.
Tu dois écouter ce qui t’appelle au-delà du rationnel.
Tu veux savoir si tu joues ton jeu infini ?
Regarde ton énergie.
Regarde ton feu.
Regarde si tu sens que tu avances… ou que tu répètes.
Tout ce qui n’est pas jeu t’alourdit
Tu veux gagner ta vie ?
Tu l’as déjà. Tu es vivant.
Le reste, c’est une distraction.
Tout ce que tu fais par peur, par devoir, par conformité :
ça te tue à petit feu.
Le jeu infini exige de laisser tomber les costumes.
Les jeux de rôle. Les obligations. Les deals foireux.
Tu dois retrouver ton mouvement propre.
Vivre comme un joueur sacré
Le joueur sacré, ce n’est pas un hippie détaché.
C’est un guerrier spirituel.
Il crée, détruit, ose, s’ouvre, pleure, ris, et recommence.
Il ne cherche pas à gagner. Il cherche à jouer juste.
Et quand tu joues juste, tout s’aligne.
Les bonnes personnes arrivent. Les obstacles deviennent matière.
La vie s’ouvre parce que tu es dans ton axe.
Conclusion – rejouer sa vie autrement
Tu ne peux pas sortir du jeu.
Mais tu peux changer de niveau.
Arrête de jouer à être ce qu’on attend.
Arrête de jouer à survivre.
Arrête de jouer petit.
Choisis ton vrai jeu.
Celui qui t’ouvre. Qui t’élève. Qui t’épuise et te nourrit à la fois.
Celui pour lequel tu es né.
Et joue.
Joue à fond.
Comme si tu avais une seule vie.
Parce qu’en vérité…
c’est le cas.