Aime, puis fais ce que tu veux – Une clé pour transcender la dualité et agir depuis l’amour
Saint Augustin, par sa phrase emblématique "Aime, puis fais ce que tu veux", a offert une clé spirituelle et philosophique d’une puissance inouïe. Loin d’une simple incitation à l’hédonisme ou à l’individualisme, cette maxime dévoile un principe fondamental pour atteindre un état de conscience supérieur. Elle nous invite à sortir de la dualité, à reconnaître la synthèse des opposés complémentaires et à agir depuis un espace de liberté intérieure, où il n’y a plus rien à prouver ni à obtenir.
Comprendre l’amour au-delà de l’émotion
Le mot aime est souvent mal interprété, réduit à un sentiment conditionné par des circonstances extérieures. Pourtant, l’amour dont parle Augustin est un état d’être, une reconnaissance de l’ordre caché du monde. Il ne s’agit pas d’un amour possessif ou dépendant, mais d’un regard qui transcende les illusions de séparation et de conflit.
L’amour véritable ne juge pas, il ne sélectionne pas ce qui est "bien" ou "mal". Il voit la perfection cachée derrière chaque situation, chaque épreuve, chaque personne. C’est un état de conscience où l'on perçoit que chaque événement a un rôle, chaque polarité a son complément, et que tout ce qui nous arrive contribue à notre évolution.
Lorsque nous aimons dans ce sens profond, nous ne sommes plus dans une perception de manque ou de survie. Nous cessons de résister à la réalité telle qu’elle est et nous comprenons que chaque opposé apparent (plaisir et douleur, succès et échec, gain et perte) est en réalité une seule et même pièce sous un angle différent.
L’amour comme transcendance de la dualité
Nous vivons dans un monde de contrastes : chaud et froid, joie et tristesse, abondance et manque. L’esprit humain, en mode survie, a tendance à s’accrocher à l’un et à rejeter l’autre, créant ainsi des souffrances inutiles.
Saint Augustin, en nous invitant d’abord à aimer, nous pousse à sortir de cette vision binaire. Aimer signifie reconnaître que chaque élément de notre existence a sa place et son utilité. Ce n’est que lorsque nous cessons de voir la vie comme une série de victoires et d’échecs que nous pouvons entrer dans un espace de paix intérieure et d’alignement.
De l’amour à l’action libre
Une fois que nous avons intégré cet amour inconditionnel, alors et seulement alors, nous pouvons faire ce que nous voulons. Pourquoi ? Parce qu’à partir de cet état, nos actions ne sont plus motivées par le manque, la peur, ou l’ego. Elles deviennent l’expression naturelle de notre être authentique.
L’être humain agit généralement par trois grands moteurs :
La peur – Éviter la douleur, la souffrance, le rejet.
Le désir d’obtenir – Chercher la reconnaissance, la richesse, le pouvoir.
L’amour désintéressé – Offrir et exprimer ce que nous sommes, sans attente.
La plupart des gens oscillent entre les deux premiers. Ils veulent quelque chose du monde extérieur pour combler un vide intérieur. Mais lorsque l’on aime pleinement, on ne cherche plus à "remplir" un manque. Il n’y a plus d’attachement aux résultats, plus de besoin de validation. L’action devient une extension naturelle de ce que nous sommes.
C’est précisément cette idée que veut transmettre Augustin : quand vous agissez depuis un espace de plénitude intérieure, alors vous pouvez faire ce que vous voulez, car vos désirs ne sont plus motivés par le besoin d’obtenir ou de prouver quelque chose.
Vivre et agir sans attente : l’ultime liberté
Lorsque nous atteignons cet état d’amour et de compréhension, notre volonté devient fluide. Ce qui nous semblait être des contraintes ou des obligations disparaît, et nous réalisons que nous avons toujours eu la liberté d’agir – c’était seulement notre perception qui nous enfermait.
Mais cette liberté n’est pas une liberté anarchique ou égocentrique. Ce n’est pas un "je fais ce que je veux" dans le sens d’un caprice, mais un "je fais ce qui est juste pour moi et pour le monde", sans calcul ni crainte des conséquences. Il ne s’agit plus d’une quête du "plus" (plus d’argent, plus de reconnaissance, plus de succès), mais d’un mouvement naturel vers l’expression de soi.
Exemple concret : la création et l’entrepreneuriat
Prenons l’exemple d’un entrepreneur. Beaucoup commencent leur parcours en cherchant à éviter un travail salarié qu’ils détestent (motivation par la peur) ou à atteindre un certain statut social (motivation par le désir d’obtenir). Ils s’épuisent souvent, car leur motivation dépend de facteurs extérieurs.
En revanche, un entrepreneur qui agit depuis un espace d’amour – c’est-à-dire de reconnaissance de l’équilibre de la vie – ne lutte pas contre quelque chose. Il ne se sent pas en guerre contre le monde ou contre lui-même. Il crée parce que c’est son expression naturelle, non parce qu’il attend quelque chose en retour. Il trouve alors plus facilement le succès, car son énergie n’est pas dispersée par la peur ou l’avidité.
Ce principe s’applique dans tous les domaines : les relations, la spiritualité, la créativité. Lorsque nous sommes dans cet état, nous n’avons plus besoin de "forcer" quoi que ce soit. L’action découle d’un état de plénitude, et non de manque.
Comment appliquer ce principe dans sa vie quotidienne ?
Il est facile d’être pris dans les pièges de la dualité et du besoin. Voici quelques étapes pour intégrer ce principe dans votre quotidien :
Observer ses motivations
Avant d’agir, demandez-vous : Pourquoi ai-je envie de faire cela ? Est-ce par peur, par besoin, ou par amour ? Plus vous identifiez vos véritables motivations, plus vous pouvez agir en conscience.
Pratiquer la reconnaissance de la polarité
Au lieu de voir un obstacle ou un échec comme "négatif", demandez-vous : En quoi cela est-il utile ? Que m’enseigne-t-il ? Plus vous voyez l’équilibre caché derrière chaque événement, moins vous êtes en résistance avec la vie.
Se connecter à l’état d’amour inconditionnel
Pratiquez des exercices qui vous amènent dans cet état : la gratitude, la contemplation de la nature, le pardon. Plus vous êtes dans cet état, plus vos actions deviendront libres.
Passer à l’action sans attente
Une fois connecté à cet espace, agissez sans chercher à contrôler le résultat. Faites ce qui vous inspire et laissez les choses se mettre en place naturellement.
Conclusion : Aimer pour être libre
“Aime, puis fais ce que tu veux” est bien plus qu’une simple maxime : c’est une philosophie de vie qui nous invite à sortir des limitations imposées par la peur et le besoin. L’amour dont parle Augustin n’est pas sentimental, mais une reconnaissance profonde de la perfection cachée dans chaque instant. Une fois cet état intégré, l’action devient fluide, naturelle et libre.
Alors, la vraie question n’est pas "Que dois-je faire ?", mais plutôt "Suis-je en train d’aimer pleinement ce qui est ?". Car à partir de cet amour, tout ce que nous faisons est en parfaite harmonie avec nous-mêmes et avec le monde.